Architecture - La Tour Mátyás, réalisation néo-gothique du xixe siècle

Malgré de nombreuses destructions au cours des siècles, cette l'église de Buda conserve une partie de sa structure originelle. Ainsi du chœur, formé de deux travées droites et d'un rond-point, intégré dans une abside sans déambulatoire. La construction de cet ensemble s'est étalée sur dix ans, de 1250 à 1260. Si la partie inférieure est encore marquée par l'architecture romane (contreforts, baies en plein-cintre), la partie supérieure présente des caractéristiques gothiques plus marquées, notamment dans les fenêtres hautes. Le maître-autel néo-gothique, dessiné par Frigyes Shulek, s'inspire des triptyques gothiques. La partie centrale intègre une statue de la Vierge dans une mandorle. La première travée droite ouvre sur deux chapelles latérales, autrefois prolongées par des absidioles hémicyclindriques. L'élévation de cette travée est à quatre niveaux : grandes arcades, murs pleins, triforia formant des séries de cinq baies polylobées et oculi, l'ensemble étant entièrement recouvert de fresques polychromes, lesquelles se répandent également sur les voûtes. Réalisées au xixe siècle, elles prennent pour thème des scènes religieuses ou historiques magyares.

Sous le chœur, une crypte néo-romane a été entièrement réalisée au xixe siècle. Contrastant par sa sobriété avec le reste de l'édifice, elle forme un triple vaisseau bordé de chapelles latérales, et est entièrement recouverte d'une voûte d'arêtes.

Une nef de quatre travées, doublée de bas-côtés, a été édifiée entre 1260 et 1279. Les bas-côtés ont été surhaussés au xive siècle, faisant du sanctuaire une église-halle. Un ensemble de chapelles latérales a été ajouté au cours de la période de reconstruction du sanctuaire par Frigyes Schulek entre 1872 et 1896. Parmi celles-ci, notons ainsi la chapelle Saint-Émeric, dotée d'un retable à trois volets, la chapelle Saint-Ladislas, couverte de fresques réalisées par le peintre germano-hongrois Károly Lotz, la chapelle de la Trinité, abritant les gisants du roi Béla III et de son épouse la reine Anne de Chastillon, ou encore la chapelle de Lorette, abritant une statue de la Vierge.

Le chevet de l'église, témoignage du premier âge gothique

De grandes baies ogivales bordent la partie sud de l'édifice. Elles abritent des vitraux réalisés au xixe siècle par Bertalan Székely, Frigyes Schulek et Károly Lotz. Le faux croisillon sud est remarquable par la présence d'un portail gothique du xive siècle dont le tympan prend pour thème la « Dormition de la Vierge ».

Un narthex fait la jonction entre la nef et le parvis. La façade principale abrite une rosace néo-gothique ainsi qu'un portail unique. Ce dernier conserve un tympan représentant une Vierge à l'enfant encadrée de deux anges, œuvre de l'artiste Lajos Lantai.

Deux tours bordent la façade principale. Au nord, la « Tour Béla » ne s'atteint guère plus que la hauteur du pignon de la façade. Prolongée par une flèche octogonale, elle répond à la « Tour Mátyás », haute de 60 mètres. La base quadrangulaire devient octogonale à partir du second niveau et se termine par une flèche en pierre d'inspiration flamboyante. Cette dernière a été entièrement imaginée par Frigyes Schulek6.

Les toits de l'église sont recouverts de tuiles vernissées multicolores et sont caractéristique du style Sécession.

L'église est aujourd'hui l'un des lieux emblématiques de la capitale hongroise et est intégrée à un secteur sauvegardé classé au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco.